Le travail de Noushin Bagherzadeh explore les liens entre force et fluidité, mouvement et silence, matière et vide. Parmi tous les matériaux, celui auquel elle est le plus attachée est le métal. Avec lui, le travail commence comme une épreuve de force, une rencontre avec la résistance. Peu à peu, la matière devient malléable, entre dans le mouvement, respire et suit l’impulsion. Ce qui relevait du combat glisse alors vers une danse tendue, exigeante. C’est dans ce passage de la lutte à la fluidité que naît la sculpture.

Le mouvement traverse tout son travail. Noushin y rend visible une circulation d’énergie, un élan intérieur, comme si la matière continuait encore de se déplacer en silence. L’œuvre garde en elle une poussée, une tension, une direction. Cette recherche se prolonge dans la manière même de regarder la sculpture : on ne la saisit jamais d’un seul regard. Il faut tourner autour d’elle, l’approcher, la contourner, revenir. À chaque angle, une autre tension apparaît, une autre ouverture, une autre histoire de formes.

Dans toutes ses sculptures, quel qu’en soit le sujet ou l’échelle, le vide occupe une place essentielle. La forme semble naître en lui, tandis que le plein ne fait que l’accompagner. Le vide devient la respiration intérieure de l’œuvre, son axe secret, l’ouverture silencieuse par laquelle chacun peut y entrer avec son propre monde. La sculpture devient alors habitable : chacun peut y déposer sa mémoire, ses images, ses sensations, son histoire.

Ses sculptures portent les souvenirs de l’enfance et l’empreinte, dans l’espace, d’un élan, d’un rythme, d’une danse qui rappellent parfois la calligraphie de sa langue maternelle. Elles révèlent aussi la trace des lieux et la vie qui les a traversés, donnant forme à une énergie, une vibration, une présence intérieure.

Née à Téhéran, Noushin entreprend d’abord des études de graphisme à l’Université des Beaux-Arts. Mais son attrait pour l’espace tridimensionnel, le mouvement et la possibilité de découvrir une forme sous tous ses angles la conduit naturellement vers la sculpture, discipline dans laquelle elle obtient son diplôme. Depuis, elle développe son travail sculptural dans son atelier à Bruxelles.